Dans quelle optique avez-vous créé l’œuvre qui va habiller les Galeries Lafayette ?

 

L’œuvre que j’ai créée pour les Galeries Lafayette est l’une des facettes d’un projet plus important que je poursuis depuis 2012. C’est une réflexion sur la notion de remix que j’étudie en ce moment pour ma thèse. Je questionne dans ce travail les limites du remix visuel. Comment, à partir de matériaux préexistants, on peut créer une infinité de représentations plus ou moins éloignées de ses références d’origine. J’essaie de faire émerger des compositions inédites à partir principalement de vidéos que j’ai réalisées ou que j’ai récoltées, principalement via internet.

 

Dans la série que j’ai choisie pour les Galeries Lafayette, on se trouve face à un remix radical, un tissage de pixels, du pointillisme numérique. Chaque point de l’image provient d’une seule et même vidéo à des instants différents. À travers une série de “ pochoirs ”, je crée une image où s’entremêlent des micro-fragments colorés. Vues à des distances différentes, les couleurs vont se confondre et créer des nuances artificielles uniques, résumé subliminal de la vidéo d’origine.

 

 

 

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Vos travaux ont été imprimés sur toile. Pourquoi avoir choisi de passer par l’art numérique pour créer vos œuvres picturales ?

 

Pour ce travail original, j’ai créé mon propre outil numérique, un nouveau pinceau qui me permet de composer avec des fragments de couleurs, de temps.

 

L’art vidéo me permet de créer des choses impossibles à penser en amont, ce sont les accidents de l’ordinateur et ses propositions semi-automatiques qui me permettent d’arriver à un résultat impensable. Ensuite, c’est l’intention de l’artiste, la mienne, qui va révéler un “ autre monde ”, comme dans toute peinture abstraite.

 

 

 

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